•  

     

    Nous avons donc touché terre à Horta. Durant trois jours nous serons dans un nuage. Non pas un nuage psychologique, un nuage bien réel: gris, humide, froid. Nous avons tout de même trouvé un charme aux rues de la ville .......et à ses habitants, adorables en toute circonstance. Mais devant retrouver ma famille sur l'île de sao miguel, nous larguons les amarres pour cette destination. Navigation tranquille dans l'anticyclone, petit air portant, légère houle. On se fait bercer pendant une quarantaine d'heures. Le petit bonus c'est que dépassé l'île de Pico nous avons droit au soleil!

    les Açores: Sao Miguel

    C'est d'ailleurs lui qui nous accueille à Ponta Delgada au petit matin. Après avoir réglé les formalités administratives (il faut les faire au départ et à l'arrivée de chaque île), nous filons à la découverte de la ville et des charmes de l'île à ne pas manquer. Nous déambulons donc à la recherche de l'office du tourisme. J'y évalue le temps ou nous devons avoir une voiture et m'occupe d'en louer une pour accueillir ma tribu à l'aéroport.

     

    Nos retrouvailles se sont déroulées comme dans les films à l'eau de rose. Les deux parties courent l'une vers l'autre, se sautent dans les bras, s'embrassent. J'ai vévu cela trois fois. Trois moments de bonheur. Puis retour au bateau pour un repas de fête avant d'exposer le programme des deux prochaines journées.

     

    Notre premier matin ensemble, après avoir déposé mon équipier à l'aéroport, nous filons directon la partie est de l'île. Nous découvrons des paysages splendides. Les routes sont bordées de haies d'hortensias en fleur formant parfois d'énormes arbustes. Ils sont bleus ou blancs. Des hibiscus et d'autres plantes apportent des touches de rouge. C'est un festival de couleur. Ajoutons le vert d'arbres magnifiques et le tableau est complet. En revanche je cherche en vain les arbres fruitiers.

    les Açores: Sao Miguel

    Première escale à des sources d'eau chaudes et des fumeroles. Le site est payant, entretenu, organisé. C'est joli mais on sent bien que l'on en Europe. Ce n'est pas la même ambiance qu'en Dominique. Mais le bain est agréable.

     

    Puis nous allons voir deux cascades indiquées sur la carte. Le saut de la chèvre est particulièrement beau.

    les Açores: Sao Miguel

    Après avoir mangé nous filons vers Furnas et le "parque de la terra nostra". C'est un lieu magnifique. Un parc végétal immense et fleuri pour se promener.

    les Açores: Sao Miguel

    Trois bassins d'eau chaude: un énorme et deux plus intimistes.

    les Açores: Sao Miguel

    Un véritable délice dont nous sortons fort tard.

     

    Le lendemain c'est vers l'ouest que nous filons. Nous découvrons de superbes points de vue sur des lacs situés au fond d'une caldeira. Ils ont la particularité d'être de deux couleurs, sans doute en raison de la présence d'algues et de mousses dans l'un des deux.

    les Açores: Sao Miguel

    Puis nous allons vers des piscines d'eau de mer naturelles. Le site est là encore splendide, même si l'eau est fraiche. Je regrette de n'avoir pas pris mon matériel de chasse mais je pensais ne pas en avoir le temps. Dommage...

    les Açores: Sao Miguel

    Puis nous allons faire trempette dans une piscine d'eau de mer chaude. Enfin les enfants car les adultes préfèrent une balade sur les pistes environnantes. Il y a là une des rares plage de l'ile.

     

    Le troisième jour la famille se sépare. Papa règle les problèmes techniques (le démarrage du moteur est devenu plus laborieux) et les trois "guadeloupéens" partent faire du canyoning.

    les Açores: Sao Miguel

    A leur retour, après une sieste bienfaisante, nous partons à pied découvrir les charmes de la partie historique de la ville de Ponta Delgada.

    les Açores: Sao Miguel

    Et ils sont nombreux!

    les Açores: Sao Miguel

    Rues pavées, façades enjolivées de basalte. Il règne ici une atmosphère apaisante. Nous profitons de cette atmosphère quelques jours, alternant balades et bricolages (souci de démarrage à froid, support de panneau de contrôle du mouillage à changer,...). Et puis vient le temps du départ et dès que les vents seront bien orientés nous filerons vers une autre île de cet archipel.

     


    7 commentaires
  • Comme vous l'avez remarqué je n'étais pas seul sur cette transat. J'ai donc proposé à Yves de livrer ses impressions. Peu habitué des voiles à endrailler et de l'utilisation d'un régulateur d'allure (il est plus habitué à lire le vent sur des capteurs, connecter un pilote électrique et dérouler un génois)  il a été presque dérouté à son arrivée à bord. En incorrigible bavard elles sont bien plus longues que je l'aurais pensé mais je lui ai promis pas de censure,donc....

     

    Dans un accès de mansuétude Franck, le skipper de Tailana m'ouvre une rubrique d'un article de son blog en me précisant, la chose est de taille que j'y puis m'exprimer sans crainte de la moindre censure. Qu'il en soit profondément remercié.

     

    J'ai donc rejoint la famille Tailana à Saint-François en Guadeloupe jeudi 12 mai en début de soirée. Famille exceptionnellement accueillante et sympathique jugez-en : un plat de succulentes langoustes pêchées du jour m'attendait tandis que Chloé, la benjamine du clan avait débarrassé sa petite cabine pour me la céder. Quel équipier fût ainsi reçu à bord ?

     

    Au programme, transat retour, au moins jusqu'aux Açores puisque Tailana a prévu d'y rester un mois et que pour ma part, je devrai rejoindre ma tribu de préférence avant fin juin.

     

    Pour cette transat, nous partons à deux. Redoutable marque de confiance du skipper qui ne me connait qu'à travers quelques mails. Mais le reste de la famille n'est pas prêt à tenter l'aventure. Pour ma part qu'est-ce-que je risque ? L'annonce disait "langoustes et poisson au programme", j'ai connu pire.

     

    Bon. Il faut quand même préciser que le voilier Tailana n'est pas un modèle de toute jeunesse et que pour ce qui concerne les voiles, il est conservé dans son jus. Pas d'enrouleur, donc on endraille différentes tailles de chiffons mousquetonnés sur l'étais et toutes les manoeuvres de drisse et de prises de ris se font en pied de mât. En revanche, l'accastillage est moderne, de bonne facture et la sécurité sans concession. Plus tard, j'aurai l'occasion de tester le poste barre aux allures de près qui donne au barreur le sentiment d'être une racaille chassée de la banlieue à la méthode "Sarkozy". Le démarrage du moteur réclame lui aussi patience et application. C'était prévu, pas de censure et donc, je balance.

     

    Mais enfin, il faut être juste. D'abord si Tailana est un coffre en acier, ses performances n'ont rien à envier à beaucoup de polyesters de même calibre. Surprenant. Un peu moins de réactivité aux réglages peut-être, 10T d'inertie ça se connait mais une fois lancé, on bouffe du mille à dose normale. Rien à voir avec certains modèles"gros camions" dont par respect pour leurs propriétaires je tairai les appellations. Et par ailleurs, les voiles endraillées ont deux avantages. D'abord permettre une latitude de configurations plus large qu'avec un enrouleur, une voile sur chaque panne au vent arrière par exemple. Autre chose étonnante, Tailana se débrouille plutôt bien dans les petits airs. Pas un foudre de guerre, nous avons été doublés par quelques bateaux sans jamais en rattraper aucun mais tout de même, nous avancions.

     

    Mais aussi, c'est un exercice physique imposé qui maintient l'équipage en excellente condition physique. Il faut aussi être souple du collier au risque de se cogner la tête car la hauteur sous barreau baisse brutalement au niveau de la limite du roof en avançant dans la cabine. Heureusement, les barreaux sont recouverts de mousse en prévision.

     

    Ah oui, j'ai oublié de le préciser : il n'y a pas de douche (posté de barre excepté) à bord de Tailana. Franck se targue de se coucher à l'eau de mer (suffirait de barrer au prés) à poil sur la plateforme de son bateau, un litre d'eau douce pour se rincer. Il a raté son lieu et son époque : Sparte quelques siècles avant JC aurait été pour lui un paradis. Mais peut-être a-t-il raison car après tout on le dit, les ressources de la planète ne sont pas inépuisables.Pour ma part, j'ai besoin de trois litres d'eau douce.

     

    En ce qui concerne les aménagements, même si les finitions ont un coté "amateur" Tailana est original et pensé pour le voyage. Un grand carré autour d'une table de grande dimension, cuisine centrale en avant de la table, lit breton et deux petites cabines, l'une donnant dans le carré et l'autre à l'arrière dans le coqueron accessible de l'extérieur par un panneau et de l'intérieur par une coursive.

     

    La maitrise de la consommation électrique à bord de Tailana serait digne d'être citée en exemple par les tenants de la décroissance. Un seul panneau de 140W suffit largement à étaler les équipements. À savoir une VHF, un GPS basique, une glacière à compresseur et l'éclairage tout en LEDs. Le PC équipé d'OpenCPN est démarré le temps de récupérer le grib et de faire le point, une fois par jour en traversée. Et comme les batteries sont normalement chargées en début d'après-midi, on en profite pour recharger les tablettes, téléphones et autres PC si on veut regarder un film par exemple. Ah oui bien sûr, à ce tarif il n'y a pas de pilote mais un régulateur qui m'a foi fait plutôt bien son boulot.

     

    Même chose à l'économie pour l'eau. 180L pour un mois à deux et il en restait au moins le tiers à l'arrivée. Bon... A l'arrivée, il faut tout de même une bonne douche avant de se réintégrer à un minimum de vie sociale

     

    A bord, on mange bien et l'ambiance est très bonne. Comme nous démarrons, nous avons encore du frais et donc nous cuisinons toutes sortes de légumes et aussi les filets de la daurade pêchée il y a trois jours. Pour la suite on verra. Franck est un redoutable mangeur de pâtes, notamment agrémentées de sauce Bolognaise. Je crains de ne pas toujours pouvoir le suivre sur ce terrain mais l'avitaillement a été fait large et suffisamment varié pour satisfaire aux goûts de chacun.

     

    Un jour, Franck s'est lancé dans une recette de ses spécialités, la pizza cuisinée au prés serré. Expression "prés serré" qui, je le rappelle car peu de gens le savent vient de ce que le bateau se mettant à pencher, effrayées les jeunes filles du bord se serrent contre le skipper. Moi j'ai fait des crêpes mais à la cape. Sinon souvent, c'est pâtes à la Bolognaise puisque Franck en est pathologiquement dépendant.

     

    Parfois, une troupe de dauphins vient nous voir. On ne se lasse jamais de les voir sauter et s'amuser à l'étrave du voilier.

     

    Il faut que je vous reparle de ce régulateur d'allure qui fait la fierté du skipper de Tailana. Ce dispositif est d'abord là pour la sempiternelle question de l'économie d'énergie mais aussi parce-que c'est un pur produit de voileux qui oblige à une certaine alchimie des réglages, ce qui régale Franck, plus que moi objectivement. Sur ce point nous aurons de nombreuses discussions quant aux avantages et inconvénients comparés régulateur / pilote mais il me semble inutile d'en rapporter le détail des débats. Ceux qui s'y intéressent trouveront une abondante littérature sur les forums consacrés à la grande plaisance.

     

    Au final c'est vrai que c'est dur une transat. C'est vraiment un truc de guerrier. On se fait brasser, on se débat à la barre, on veille toute la nuit, on est lessivés, crevés. Si les gens savaient... Une transat, c'est un truc de fainéants. On a tout le temps de glander, de bouquiner, de regarder des films, de faire la sieste mais qu'est-ce c'est bon d'échapper à la vie du monde pendant quelques semaines.

     


    votre commentaire
  • Je voulais la faire en famille ou en solitaire mais ma famille n'était pas prête à la réaliser et refusait catégoriquement que je sois seul. Je prévoyais 25 jours de navigation mais espérais en mettre moins.

     

    J'ai envisagé la faire en compagnie d'une ou deux jeunes filles mais pour des raisons éminemment politiques j'ai abandonné cette idée!

     

    Finalement après avoir fait le tour des potes j'ai mis une annonce sur deux sites de navigateurs et obtenu une bonne dizaine de réponses. Entre ceux qui changent d'avis et ceux que je ne veux pas à mon bord pour diverses raisons, je pars finalement avec Yves.

     

    Ma transat retour

    Le trajet m'a été présenté de multiples façons, certains envisageant même le retournement de leur voilier! Mais la majorité le sépare en trois phases: une partie au près, une au moteur et une au portant en faisant gaffe aux dépressions. Je synthétise cela en 1 tu serres les dents, 2 tu bouches les oreilles et 3 tu serres les fesses!

     

    En y regardant de plus près il est possible d'avoir de la chance et un anticyclone très peu épais ou pas de chance et un très gros. C'est donc lui qui conditionne la durée de cette transat. Mais il vaut mieux éviter d'avoir la poisse et se faire rattraper par une grosse dépression peu avant l'arrivée aux Açores car au mieux le confort est compromis, au pire la sécurité.

     

    Tout le monde ou presque part de saint Martin. J'ai choisi de partir de Guadeloupe pour avoir moins d'est à faire donc un près moins serré la première semaine. Cela me permettra de détendre plus rapidement mes mâchoires! Cela permet également de partir avec un vent d'est, plus fréquent que le sud est nécessaire depuis saint martin. Ensuite je vise la bordure de l'anticyclone et chercherais à la garder le plus longtemps possible pour limiter le temps de fonctionnement du moteur. Mon bateau marche mieux à la voile et mes oreilles s'en portent mieux! Ensuite on verra..... Et puis j'ai demandé à un copain navigateur d'être vigilant sur la météo de ma transat et de me filer des options de route qui lui semblent pertinentes. Merci Gwendal pour ce gros boulot! A charge de revanche quand tu le veux.

     

    Nous partons le 15 mai 2016 à 8h30 de saint François en Guadeloupe en laissant ma famille sur le quai. Beaucoup d'émotions , des larmes mais aussi de très belles choses que l'on s'est dite. Peut être tout cela serait il resté au fond de nous sans ce départ. On se laisse sur un très particulier "rendez vous à Horta" plein de significations. On remonte l'alizé pour passer au vent de la pointe des châteaux. Nous voici proches de la Désirade. Ce sont ces reliefs qui seront les derniers bouts de terre que nous apercevrons avant longtemps. La navigation est agitée, le bateau cogne et on prend des douches involontaires dans le cockpit. Dans l'après midi nous passons à proximité d'un DCP. Je traine une ligne sans succès, n'attrapant que des sargasses.

     

    Ma transat retour

    jour 2 et 3: On décide de garder le même cap en dépit des mouvements plutôt secs du bateau. On garde aussi le génois et la gv à 1 ris avec les 15nds de vent. Le régulateur fonctionne bien. Nous n'avons donc pas à barrer. A 10h je mets la ligne à l'eau. Peu de temps après je vois un joli wahou sauter l'hameçon dans la gueule. Après une courte bataille il parvient à se décrocher. Le vent montant d'un cran nous rentrons les lignes. Yves permute le génois avec le yankee. et nous filons entre 6 et 7 noeuds. Nous attendions cette montée du vent pour abattre un peu et gagner en confort. Le bateau glisse, c'est un vrai régal!

     

    jour 4: le vent est stable, notre vitesse aussi. Cela fait deux jours que nous parcourons plus de 130m quotidiennement. Nous prenons une houle de travers qui arrose le pont et mets des gifles au bateau mais nous gérons bien. On peut se faire de bons petits plats et bouquiner. Peu avant midi je prends une jolie dorade coryphène de 5.5kg. Voilà des protéines pour quelques jours.

    Ma transat retour

     

    jour 5: Nous approchons de la bordure de l'anticyclone qui est très gros sur la carte. Il va falloir jouer serré pour limiter le temps de fonctionnement du moteur. De plus dans ces petits airs il n'est pas simple de faire un cap désiré au régulateur. On fait donc du mieux qu'on peut. En milieu d'après midi il faut se résoudre à démarrer le moteur. Adieu calme d'une navigation dans des conditions anticyclonique.

     

    jour 6: Bon ben voilà si jamais j'avais un doute il est levé: je n'ai pas de bol! Non seulement l'anticyclone a grossi mais il a pris de l'ouest poussé par une petite dépression sur les Açores. En outre il va gonfler dans les prochains jours. Je ne peux espérer le traverser au moteur avec mes réserves de gazole. Je décide donc d'en conserver "pour plus tard" et stoppe le moteur. Vent f1 de secteur sud. J'ai dans mes soutes un petit génois très léger qui devrait pouvoir se gonfler par ces tous petits airs. Je le tangonne et oh miracle au lieu de dériver je "file " entre 1 et 2 nœuds sur une route qui me rapproche de mon objectif. On reste comme cela jusqu'à la nuit sous pilote électrique. Puis vient le temps du 0 absolu. Je fixe la barre dans l'axe et hésite entre les feux de route et celui de mouillage à plus de 600mn de toute terre!

     Ma transat retour

    jour 7: le point du matin me donne 40 M de réalisés. Pas si mal. D'autant que le vent gagne en force et me permet de retrouver une configuration testée à l'aller dans les alizés: plein vent arrière, deux voiles d'avant en ciseau. Je grée donc le yankee sur l'étai largable et nous filons entre 3 et 5 nœuds en fonction des risées et des nuages.....toujours sur une route proche de l'orthodromie!

     

    jour 8: 104m réalisés. Au petit matin une troupe de dauphins communs nous tient compagnie une grosse demi heure. Nous sommes toujours dans une navigation typique des alizés. L' anticyclone est en pleine forme et nous prolongeons une route plutôt nord.

     

    jour 9 : il y a du nouveau de prévu en fin de semaine. Du coup nous mettons franchement de l'est dans notre nord. On se place sur la route orthodromique au bon plein. Le vent est très maniable, la mer peu agitée. Les mouvements de coque sont moins doux qu'hier mais acceptables. Je choisis délibérément de limiter la toile portée pour augmenter ce confort. Je teste un système permettant d'amortir les mouvements de la bôme et ainsi préserver le matériel. Un bout de sandow et .....cela fonctionne! Dans la matinée je passe un coup de fil à ma famille restée en Guadeloupe et notamment à ma petite femme dont c'est l'anniversaire. C'est formidable cette technologie!

    Ma transat retour

     

    jour 10:le vent refuse un peu et faiblit. Du coup on range le yankee pour sortir le génois et on largue le ris. Le bateau glisse. C'est très agréable. On maintient notre option pour négocier la future dépression, sachant qu'elle nous obligera peut être à faire un peu de moteur quand on sera dans le coeur de l'anticyclone qui en a profité pour se resserer autour de nous et que nous cherchons à contourner par son sud. Petit poisson pris au centre de ce grand océan: une seriole très noire d'1 kg environ. Le repas de demain est tout trouvé!

     

    jours 11,12 : GLANDOUILLE DANS L'ANTICYCLONE. Une dépression costaud croise notre route dans 4 jours. Elle avance à 25nds. On ne peut pas la devancer. Passer dans son sud nous oblige à perdre 100m au regard de notre objectif. Alors dans un premier temps on établit une voilure réduite. Dans le tout petit temps, c 'est le monde à l'envers! Mais au bout de 24h nous avançons trop vite! 75Mn parcourus. Il faut dire que la dépression s'étale sur plus 400mn avec des vents prévus à plus de 40nds! Donc on arrête le bateau à la cape pour dériver légèrement de nord, histoire de ne pas perdre les miles parcourus tout en évitant la zone dangereuse. On est comme qui dirait au mouillage sur des fonds de plus de 5000m!

     

     

    jour 13: on prend les derniers gribs (fichiers vent) par téléphone satelitte puis on établit une statégie. L idéal est d'avoir un bateau rapide et se placer au sud est du centre de la dépression pour la surfer. Nous on a ralenti pour éviter de se trouver plein sud dans la zone dangereuse avec mer forte et croisée. On sera donc au sud ouest, dans la houle résiduelle et le vent contraire. l'inconfort nous guette, mais c'est mieux que le danger.On n'est quand même pas trop rassuré même si on est confiant dans notre stratégie.

     

    jour 14: l'anticyclone qui avait grossi au point de nous aspirer s'est dégonflé dans la nuit. La pluie nous a signalé le passage du front. Puis pas de vent pendant 30 minutes avant que le manège commence. On essaie de faire cap à l'est tant qu'on peut car après une toute petite goutte anticyclonique va prendre d'assaut la zone ou nous pourrions être. On voudrait éviter de s'y scotcher. On met juste ce qu'il faut de toile pour avancer sans être trop secoué.

     

    jour 15: perdu. Nous ne sommes pas allé assez vite.On est dans la chiure de mouche d'anticylone résiduel. Le programme nous annonce deux dépressions à venir dans la semaine. Moins forte et plus nord que celle que nous avons évité. Nous allons essayer de nous placer pour avancer avec la première afin d'être arrivé aux açores avant la seconde. Pas de bol quand même. Trois dépressions en 8 jours au mois de juin après s'être fait aspiré par un anticyclone qui faisait quasiment tout l'atlantique! Je décide donc de faire cap direct moteur et grand voile car pour arranger les choses on est dans le chassé croisé des houles de la depression passée et de celle à venir. Des creux de plus de 4 m sans vent ou presque. Un régal!

     

    jour 16: la météo se confirme mais les depressions devraient rester plus nord que la précédente. L'idée qui germe en mon esprit est de se transformer en suppositoire! Il faut juste bien viser entre les deux dépressions (comme entre les deux fesses)... et se préparer à naviguer dans du vent soutenu. S'il devait être trop fort il nous resterait la solution de la fuite. De toute façon nous allons surveiller la météo comme du lait sur le feu.

     

    Nous avons droit à notre seconde visite de dauphins avec cette fois grand spectacle: sauts, éclaboussures, tout y passe.

     

    jour 17: la nuit a été difficile car peu de vent et pas mal de houle. Toutefois les dauphins sont toujours là. Le bilan de cette mauvaise nuit est clair. On ne pourra pas faire le suppositoire. Nous sommes trop lents. Si nous persistons sur la route directe nous devrons faire face à des vents de plus de 40nds établis plus rafales et la mer qui va avec. En fait la dépression sera plus creuse qu'initialement prévue et plus sud. Elle ne devait qu'effleurer les açores. Cet archipel en sera le coeur! Deux options devant nous: faire du nord et chercher l'abri dans l'oeil de la dépression ou faire du sud et jouer deux bords de largue dans des vents maniables si nous descendons suffisament. La première option nous ajoute un jour de voyage. La seconde deux ou trois.C'est pourtant cette dernière que je choisis au risque de devoir faire une croix sur une des escales préselectionnées. On verra notre avancée.

     

    jour 18 et 19: Comme prévu on file dans le sud est pour opérer un placement stratégique. On en profite pour retrouver un peu de soleil même s'il ne parvient pas à effacer ce froid que l'on ressent plus intensément depuis deux jours.

     

    jours 20,21: on est dedans. La dépression nous suit. Sa trajectoire nous permettra de bénéficier de ses faveurs deux jours durant. Des vents qui sont montés progressivement à plus de 30 nds établis avec rafales et une mer qui est devenue grosse. Les manèges du grand huit en réel et en continu. Durant ces deux jours on n'a pas vu le soleil et la pluie s'est souvent invitée. De toute façon le pont était régulièrement submergé par des déferlantes. On s'est cloitré comme des cafards, vivant dans une humidité très importante. Mais le bateau s'est régalé! Le régulateur faisait un cap très précis, le voilier surfait régulièrement. On a donc fait du chemin.

     

    jour 22 On devait toucher le vent de la traine mais la dépression a décidé de nous envoyer un petit bonus. Vent entre 20 et 25 nds. Mer grosse. On a le droit à 24h de rabe.Un anticyclone remonte et renvoie la dépression au nord, nous laissant la joie de profiter de sa queue.

     

    jour 23: Enfin du soleil! Le vent se calme. Le baromètre remonte enfin au dessus des 1000hpa. La mer s'apaise et le soleil brille. On en profite pour avancer à la voile puis au moteur et se rapprocher de notre destination. J'hésite encore entre l'ile de Flores et celle de Faial. Les fichiers gribs nous montrent que l'on va avoir droit à une 4ème dépression juste avant l'arrivée (je sais on est chanceux!). Pour l'instant il semble que son coeur soit suffisament au nord pour ne pas nous empêcher de toucher terre.

     

    jour 24 et 25: la météo se confirme. On a un gentil vent et une journée de soleil que l'on met à profit pour se doucher! Les températures nous incitent à la plus grande prudence en ce domaine si l'on souhaite éviter la pneumonie!

     

    Ma transat retour

    jour 26: c'est le dernier. Nous allons arriver sur Horta. Je voulais attérir à Flores mais le la météo défavorable m'oblige à faire un choix. C'est une escale mythique, plus proche du point d'arrivée de ma famille. En cette fin de transat la nature est en fête. Il y a du vent soutenu bien orienté pour avancer vite.Merci la dépression d'être restée suffisament au nord de notre position. Je pêche une bonite de deux kilos environ. Yves est ravi car cela lui évitera de manger une fois de plus des pates à la bolognaises! Les mammifères marins sont également de sortie. Des dauphins dans un premier temps puis des baleines. J'aperçois d'abord leur souffle puis deux me laisseront voir leur dos.......mais pas leur queue. Peut être pour notre prochaine rencontre. Nous approchons maintenant des cotes. Enfin c'est ce que dit le gps car mes yeux ne voient rien. Le temps est bouché. Vous y voyez quelquechose, vous?

     

    On est censé être à trois kilomètre d'une ile culminant à 2500m et on ne voit strictement rien. Arrivé à 1 km c'est le même constant sauf qu'en tendant l'oreille on entend les rouleaux s'écraser sur les falaises. Ce n'est qu'à environ 500m que nous voyons un morceau de Faïal.

     

    Ma transat retour

    Arrivés en début de matinée nous filons prendre le déjeuner au peter café sport, lieu mondialement connu chez les voileux de tout poil. Puis une promenade en ville pour acheter deux trois produits frais. Demandant un renseignement à ce sujet à une jeune maman sortant de chez elle elle nous accompagne spontanément à un supermarché dans sa voiture. Pour nous français c'est tout bonnement incroyable! On nous avait vanté la gentillesse des açoriens et nos premières impressions le confirment. Tant dans nos formalités administratives que nos contacts avec les habtants. Après le paradis climatique il se pourrait que l'on rencontre le paradis "humain" durant notre voyage....A voir.

     

    Ma transat retour

    le bilan: j' ai "kiffé" ce retour. J'y ai vécu des émotions multiples: des joies (rencontre avec les baleines, pêche de beaux poissons,glisse du voilier,...),des craintes (approche des dépressions),de l'ennui (manque de ma famille), de l'inconfort,de la félicité,des allures multiples....Bref tout ce que l'on peut ressentir à terre mais comme exacerbé,comme si le temps libéré me permettait de tout vivre plus intensément. D'un point de vue pratique on a mangé des produits frais jusqu'au dernier jour (pommes, oignons,patates et courges à la fin) sans rien jeter. Nous n'avons consommé qu'une bouteille de gaz (3kg), 100l de gazole (71h de moteur) ,parcouru réellement 2650Mn (2300Mn au plus court) répartis sur 26 jours de 40Mn à 160Mn,bu 45 bouteilles d'eau à 2, moins de 180l d'eau courante (boissons chaudes,vaisselle,hygiène). Pas de casse de matériel en dehors d'un pontet du hale bas de bome et de la perte d'une poulie dont la manille avait été mal serrée. La préparation du bateau et la trajectoire semblent y être pour quelque chose. Finalement nous aurons donc été aspiré à deux reprises par un anticyclone et dû négocier quatre dépressions étalées sur une dizaine de jours. Cela me semble beaucoup pour un début juin mais peut être est ce la norme? En tout cas j'ai pu observer une très nette modification de leurs trajectoires, plus nord au fur et à mesure de l'avancée dans le temps. Peut être sommes nous partis un peu tôt des antilles? A voir avec la météo des prochaines semaines et à comparer avec les années précédentes.

     


    8 commentaires
  •  

    Une agréable navigation au près nous mène à Marie galante. L'ile est toujours aussi belle.

     

    Notre première sortie chasse nous permettra de goûter aux poissons lions et de commencer notre "cure" de langouste. Mais il me faut avouer que j'ai été aidé par un garçon que j'ai trouvé magnifique, très à l'aise sous l'eau et qui a capturé sa première langouste au lasso! En fait il est descendu très calme, a bien compensé, s'est bien placé face à la pierre et a pris tout son temps pour faire glisser la boucle autour de la queue de la langouste avant de la ferrer. Il a de plus tiré deux poissons lions!Pas mal du tout à 13 ans.La maman présente également pourra témoigner. Elle était bien entendu sous le charme.

     Marie Galante, belle reposante et généreuse

    Le lendemain balade à terre. Nous retrouverons les manguiers qui nous avaient régalé en aout dernier mais leurs fruits sont verts. En revanche ceux qui étaient déserts l'an passé sous couverts de fruits murs à souhait. Nous ferons donc provisions de mangues délicieuses. Nous avons également trouvé des bananes, des papayes et des fruits à pain, canne à sucre dont Chloé se régale. Bref nous achats en ville seront minimes.

     

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

    Le midi nous ferons griller .............de la viande! Mais non nous ne mangeons pas que du poisson!

     

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

     

     

    Le lendemain on retourne à l'eau. La mer a de nouveau été généreuse et nous avons plusieurs jours de protéines devant nous: langoustes et poisson au menu.

     

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

     Nous profitons de nos balades à terre pour discuter avec les habitants qui sont d'une gentillesse infinie.On nous propose d'ailleurs e faire un tour en charrette à bœufs. Il faut dire que les bœufs sont une fierté de l'ile, notamment lors des courses nommées "les bœufs tirant".

     

    Mais nous sommes réveillés depuis 3 matins par des bruits contre la coque et en surface. En fait un énorme banc de tous petits poissons est venu se coller à notre coque............et un banc de carangues franches a décidé d'en faire leur repas. De l'énorme banc il ne restera que de tous petits nuages. Xavier essaiera de flécher une carangue mais le banc vient le voir quand il a laissé le fusil au fond pour enfiler ses gants! Nous aurons quand même notre revanche lors d'une chasse en fin de journée durant laquelle je flèche 5 carangues, en faisant profiter les voisins de mouillage. Je disputerais ces prises à trois gros bara qui voulaient faire bombance et qui se régaleront dès que j'aurais quitté l'élément liquide. En fait j'ai tiré la 5ème entre deux baras et je me suis dit qu'il était temps d'arrêter! Mais ce qui devait arriver à force de manger du poisson arriva. On m'avait bien prévenu des danger de la ciguatera et bien voilà j'ai attrapé la gratte

     

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

    En fait c'est un délire continu et grosse envie de plaisanter. Bon d'accord j'étais déjà comme ça avant et n'ai donc rien attrappé de nouveau. M'enfin cela fait du bien de rigoler.

     

    La veille de notre retour sur pointe à pitre pour récupérer un équipier à sa sortie de l'avion nous prévoyons de filer sur l'anse canot. Ce mouillage est souvent rouleur mais de toute beauté.

     

    Malheureusement l'après midi sera extrêmement pluvieuse aussi nous ne bougerons pas. Du coup notre dernière matinée nous verra explorer le sud de saint louis et nous trouverons de quoi faire notre dernier repas de langoustes caribéennes ainsi que des noix de cocos sur une très belle plage.

     

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

    A 15h nous sommes presque sur le départ.Je le projette à la voile pure pour un dernier petit plaisir égoïste. Ce sera une vraie réussite. Mais il est grand temps de mettre les voiles car nous avons presque 20mn à courir et il faut arriver avant la nuit en raison de la dangerosité de la passe d'accès à saint françois. Et oui, nous avons encore changé notre destination! En fait je cherche à éviter que la dernière navigation laisse un souvenir amer à mon équipage. Or la nuit tombe à 18h 30 environ.Nous assurons une navigation plutôt confortable à plus de 6nds au près. Nous arrivons devant la passe de jour.

     

    Mais au moment ou nous sollicitons le moteur celui refuse de se lancer. Cela fait une 15 de jours qu'il n'a pas fonctionné et les derniers jours plutôt gris ont un peu affaibli la batterie de démarrage. J'ai un jeu de câbles qui permet de la ponter avec celles de services. Je donne les instructions à Delphine qui dans le stress ne cale pas bien le panneau de descente qui lui tombe ..........sur le dos. Elle le remet courageusement en place et vient me remplacer à la barre. Quelques minutes plus tard le moteur ronronne et nous pouvons embouquer la passe champagne, toujours aussi impressionnante.

     

    Le soir nous accueillons Yves fraichement débarqué autour d'un plat de langouste, conformément  à l'annonce de recherche d'équipier passé sur un site de navigateurs. Chloé lui laisse sa cabine après moultes recommandations.

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

    Nous avons deux jours pour tout nettoyer, faire les courses et dire au revoir à ma si jolie famille. Le départ est prévu dimanche 15 mai. Les prévisions sont jouables sans être idéales. Au pire on fera une escale à saint martin pour en attendre des meilleures. Au mieux nous serons en route pour les açores, distantes de près de 2300m. La route est bien plus complexe que la descente par les alizés. Il y aura des choix stratégiques à faire, de l'inconfort à gérer. Mais je pense que cela ne fera que renforcer la saveur de cette navigation. De toute façon j'aurais la réponse à l'arrivée!

    Marie Galante, belle reposante et généreuse

    Le plus délicat sera sans doute de gérer les absences.  je vais devoir gérer l'absence de ma femme et de mes enfants.Mon équipage préféré devra gérer l'absence du père qui joue souvent les clowns et du mari. M'enfin Delphine sera fortement épaulée par deux copines , toutes deux mamans célibataires avec deux enfants. Elle va donc intégrer un gang pour son séjour guadeloupéen. Je n'ose pas imaginer les 400 coups qu'elles vont réaliser! Peut être Delphine écrira t elle un article à ce sujet! Trois mamans et 6 enfants il y aura forcément des aventures à relater!

     

     


    3 commentaires
  • La transat se profile sérieusement et je me renseigne sur la possibilité de sortir le bateau hors de l'eau pour un nettoyage de la coque et de l'hélice, histoire de ne pas trop se trainer sur la traversée. Après plusieurs coups de fil nous avons rendez vous lundi à 14h avec le grutier de la marina de pointe à pitre. Une manoeuvre en anticipant le pas d'hélice et nous voici dans la darse en marche arrière, comme demandé par le grutier.

     

    Lorsque tailana quitte l'élément liquide dans les deux sangles de la grue les enfants écarquillent leurs yeux. Pendant ce temps je cours les professionnels de la zone pour trouver un nettoyeur haute pression et de l'antifouling.

    on lève la quille

     

    Après le nettoyage on retire les dernieres grosses traces d'antifouling au grattoir et on se retrouve sur la dernière couche d'epoxy. Comme nous avons quelques points d'électrolyse notamment sur le safran et la quille nous y passons 4 couches de primaire époxy avant d'en passer une 5ème sur la totalité de la coque. Cela nous ajoute deux jours de travails et plusieurs centaines d'euros à la facture!

     

    on lève la quille

    Finalement le bateau quitte sa robe léopard pour une livrée blanche.

     

    on lève la quille

    Mais les enfants étant fanas du bleu on a choisi de poser un antifouling de cette couleur et ils participent gaiement à la tache.

     

    on lève la quille

    Après 5 jours de travail et la pose de nouvelles anodes moins lourdes (il semble que ce soit l'excès de protection qui soit la cause de l'électrolyse) tailana est prêt à retrouver l' élément liquide. Nous allons retrouver un peu de fraicheur

     

    on lève la quille

    Pour nous , il est temps d'effectuer nos derniers adieux. Nous filons donc pour quelques jours de repos sur Marie galante, retrouver l'une de nos plages préférée et déguster nos dernères langoustes.

     


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique