Notre départ de Sao miguel a été repoussé à deux reprises déjà. La première fois c'est pour des raisons météo. La seconde c'est ce moteur qui a refusé de démarrer . Bon il faut dire qu'il y avait une grosse fuite de gazole à l'entrée de la pompe à injection. Je l'ai donc démontée, fait surfacer le plan de joint défectueux puis emmenée à réviser chez un dieseliste. Ensuite le moteur a bien voulu démarrer mais toujours difficilement. Je demande donc au mécano de venir jeter un oeil sur l'objet de toutes mes attentions. Problème il n'est pas dispo avant 5 jours! Or il y a un bon créneau météo à saisir! Je choisis de partir quitte à faire une arrivée à la voile.
Le premier jour est un peu agité. On est au près, il y a un gros clapot avec 15 nds de vent. Delphine est très malade, Xavier d'humeur maussade et chloé a du mal à manger. Super ambiance à bord! Heureusement Mya se comporte bien.
Ensuite on peut un peu moins serrer le vent et le confort augmente. Mais on va devoir faire preuve de patience. Au cours des 5 jours qui suivent nous connaitrons un vent très capriceux dans son intensité, allant de rien à 15 nds.Lors de la première absence nous avons voulu démarrer le moteur...............qui s'y est refusé! La troisème nuit sera fatale pour nos batteries de service. On coupe donc le frigo et je me félicite des options choisies lors de la préparation du bateau.
En effet le régulateur d'allure ne consomme rien et peut donc barrer sans électricité. il demande juste un peu de vent et d'attention dans les réglages. Du coup notre panne électrique ne nous oblige pas à tenir la barre.Tous les feux du bateau sont a led et le récepteur Ais est une vhf. Du coup peu d'éléments branchés et peu de consommation. Les batteries nous ont laissé moins de 5 a utiles. C'est ce que l'on pouvait consommer durant les heures sans soleil car ensuite le panneau nous permettait des "folies". Bref on pu surveiller les cargo à l'ais et en visuel (d'ailleurs on a remarqué que pas mal d'entre eux coupent leur ais pour ne le mettre qu'après vous avoir repéré........ce qui n'arrive pas toujours! veille obligatoire donc!) ainsi que se signaler par nos feux de routes.
Notre arrivée vers le cap saint vincent sera plus agitée mais c'est un classique effet de cap qui fait passer le vent de 15 à 30 nds. Le huitième jour nous jetons l'ancre après toute une série de jolis "pain de sucre" (cela nous rappelle les saintes) devant le port de Lagos. là je tente un nouveau conseil de famille avec la même question qu' il y a deux ans mais la majorité choisit de franchir Gibraltar et de rentrer en méditérannée. snif !!!
Objectifs: acheter des fruits et légumes, une ou deux batteries de service et une pompe de gavage pour diesel. La brancher me permettra de savoir si j'ai une durite poreuse ou si j'ai la pompe à gazole du moteur qui ne remplit plus son office.
Après une bonne demi journée de marche (Mya tire drolement la langue!) on trouve tout sauf cette pompe. En plus on est samedi donc aucun mécano disponible. Et dans la journée une houle de sud est fait son appariton. On prend la météo et...... il faut partir s'abriter! Le premier abri accessible à la voile est Portimao à une dizaine de mn vers l'est. On attend qu'une petite brise veuille bien souffler pour se mettre en route. C'est chose faite à 19h. Malheureusement elle nous lâche progressivement en approchant de l'abri pour s'évanouir complètement juste avant la passe d'entrée!
On gonle l'annexe et on y installe le moteur hors bord. Sans vent on doit pouvoir tracter le voilier comme ça. Mais le hors bord démarre puis s'étouffe. MALEDICTION!!! Rein à faire. Il va me falloir démonter le carburateur, les bougies et le filtre à essence pour tout nettoyer. Il faut dire que je n'avais pas pu trouver le temps de l'hiverner correctement avant notre départ de saint François en guadeloupe. Le vieux mélange s'est donc évaporé dans le circuit l'encrassant avec l'huile qui y a séché.Bon on n'est pas en perdition. On peut toujours jeter l'ancre devant le port ou attendre une petite risée. Je choisi la seconde option d'autant que le petit courant nous permet de nous éloigner des digues qui peuvent être salvatrices (si on a de la propulsion) ou dangeureuses (si l'on dérive dessus). En milieu de nuit un petit souffle apparait. On hisse les voiles et on l'utilise. Je serre les fesses pour passer les digues à une prodigieuse vitesse de 0.5 nds.Nous jetons finalement l'ancre là ou le petit souffle nous abandonne. Nous sommes à l'abri. Nous pouvons dormir et attendre lundi pour réparer. Bon sang que c'est stressant de naviguer sans moteur!