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humeurs du bord

Nous n'avons pas choisi de visiter l'ile de hierro. La tranquilité du village de la restinga nous a comblé. De plus, nous devions règler ce problème de dialogue entre le pc de navigation et et le téléphone satelite iridium afin de rafraichir la météo au large. Après 40h d'escale on entrevoit une solution mais bien qu'ayant avancé dans la résolution du problème celui ci n'est pas règlé. La météo est bonne pour la semaine à venir. Nous devrions mettre entre 6 et 9 jours pour toucher une ile du cap vert. Je prends la décision de partir sans cette possibilité de connexion qui nous a coûté si cher......

 

 

Je fixe l'heure du départ à 17h. Et à 17h00 on franchit les passes du port! Bon Delphine n'a pas fini de ranger l'intérieur, les enfants terminent de mettre de l'ordre dans leur cabine et mes dernières petites réparations ne sont pas tout à fait sèches. Je me fait donc réprimander par ma sirène qui peste contre ce qu'elle appelle nos départs précipités. Moi j'avais juste envie de partir.....

 

humeurs du bord

Premier repas. Je prépare un risoto. La mer est agitée avec une houle de fond de 2m. Je ne mets que le solent devant histoire de ménager mon équipage. Le riz sera désagréable dans les deux sens pour la sirène et fliper. Xavi aura les plus grandes difficultés à le garder.

 

Après 24h de navigation nous n'avons parcouru que 85mn. Delphine s'ennuie. Pourtant dans la nuit il nous a fallu éviter trois navires de pêche: 2 chalutiers et un navire usine. Nous étions en route de collision et comme nous nous dirigions vers le même secteur les éviter nous aura occupé 1 grosse heure. Vers 17h30 le lendemain, comme pour faire un pied de nez à delphine qui disait ne rien voir en mer un banc de dauphins vient nous rendre visite.

 

 

humeurs du bord

Seconde nuit en mer. Vu le peu de fréquentation je modifie la règle de vigilance et n'assure plus qu'un tour de veille toutes les 50 minutes. La lune est pleine, la visibilité excellente. Les navires de commerce me seront signalés par mon AIS. Les navires de pêche ne devraient pas être sur ma route mais plus proches des cotes marocaines et mauritaniennes. Les voiliers quant à eux iront dans le même sens que moi et vu nos vitesses nous auront le temps d'apercevoir nos feux bien avant une collision.

 

Second jour. Delphine et Xavier sont toujours patraques. On commence à instituer des habitudes de bord. En début d'après midi on fait de la patisserie pour le goûter. On fera des petits sablés, des gateaux et des tartes tout au long de cette navigation. Vers 17h après avoir fait le point des 24 h (distance franchie en 24h) ce qui donne lieu à des paris de tous les membres de la famille, on se fait une séance "cinéma".

 

humeurs du bord

Les jours s'enchainent et les humeurs aussi. Chloé aura un épisode faible en raison d'un refus de s'alimenter. Xavier aura le même problème un peu plus tard. Delphine souffrira tous les jours. Si son mal de mer aura mis 4 jours à passer c'est son dos qui prendra le relais. Bon je m'en occupe en lui faisant un massage mais étrangement ce problème réapparait chaque matin!

 

Heureusement, nous recevons quelques visites. Pas de navires car de ce côté nous avons l'impression d'être seuls en mer! Mais les dauphins viennent nous voir à plusieurs reprises et nous finirons par voir une autre espèce que les dauphins communs! Et puis il y aura cette sortie de la cabine. J'entends comme un souffle sans y prêter vraiment attention. Sorti de la descente je suis saisi par une forte odeur de poisson sous la capote. J'ai beau cherché je ne vois rien qui puisse la provoquer. Un quart d'heure plus tard alors que Delphine me rejoint pour exécuter une manoeuvre on entend distinctement un souffle. Le temps de tourner la tête et d'appeler les enfants nous aurons le plaisir de voir un dos de baleine bleue passer à une vingtaine de mètres du bateau! Malheureusement seuls les parents la verront.

 

2 jours avant d'arriver Xavi est au plus mal. Il mange très peu , fait le difficile et a le moral dans les chaussettes. Il évoque la possibilité de poursuivre le voyage en avion. On creuse le problème et on fait le point sur les différentes solutions. On verra la décision qui sera prise une fois abordées les cotes du cap vert.

 

La visite régulière de dauphins et la tournée du pêcheur sur le pont lui redonneront un peu le moral.En effet il pourra manger quelques calamars qui ont eu la bonne idée de venir s'échouer sur le pont. Heureusement car sinon en ce qui concerne la pêche on n'a pas été bien brillant. Une seule touche sur une dorade coryphène qui s'est décrochée au cul du bateau.

 

humeurs du bord

Nous n'aurons à toucher aux voiles que dans les 48 dernières heures afin d'afiner notre cap et négocier au mieux le passage de l'anticyclone sur notre route. Naviguer pendant 4 jours sans rien toucher, avec un régulateur qui barre et avec des mouvements plutôt limités à une allure proche du vent arrière! C'est bien la première fois que je vis cela! Bon les drosses du régulateur se sont usées en raison de frottements que je parviendrais à réduire mais je n'aurais pas à toucher à la barre sur cette traversée.

 

Nous touchons finalement l'ile de sal 7 jours après notre départ. En fin de matinée Xavi s'est chargé de hisser le pavillon de courtoisie.

 

humeurs du bord

Cette ile est très basse et nous ne la verrons que 2 heures avant de toucher terre. Ce temps de navigation n'est pas très rapide mais pas catastrophique non plus. Il nous a fallu gérer la vitesse sur les deux derniers jours afin d'arriver de jour et la panne de vent de la dernière nuit a bien failli nous faire regretter d'avoir freiné le bateau la veille.

 

humeurs du bord

C'est un port de mouillage abrité par une digue. Nous sommes en fin d'après midi. Nous restons tranquillement à bord. Nous gonflerons l'annexe et irons à la découverte de ce nouveau pays demain. En fait de tranquilité nous sommes occupés en soirée par la poursuite d'insectes indésirables à bord: des blattes.

On en avait entendu parlé aux canaries et en avions vu beaucoup dans les rues de gran canaria. Et bien nous ne serons pas passés à travers! C'est en poursuivant un de ces insectes que je jette un oeil à la cale moteur et là: HORREUR! Elle est pleine d'huile moteur! Je cherche quelle pièce aurait pu lâcher et non, ouf, il ne s'agit que la jauge à huile qui est sortie de son logement. Rien de grave donc.

Mais, d'ou provient ce goutte à goutte? Et me voilà en train de démonter la pompe à eau qui fuit. Malheureusement ce n'est pas un problème simple. C'est le joint entre le corps de pompe et la poulie qui est défectueux. Ce joint est complexe et je n'en ai pas à bord. Je ne peux le condamner car il est traversé en son mileiu par un axe tournant. Je tente un joint congé sur les bord espérant que sa partie centrale soit toujours étanche. Je laisse sécher et vous tiens au courant de ce bricolage.... Dire que je croyais pouvoir enfin y échapper.......

 

 

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