Depuis le début du voyage rien ne se passe vraiment comme initialement prévu, vous l' avez sans doute remarqué. Le départ de San sebastian de la Gomera ne dérogera pas à cette règle.
Nous larguons les amarres dans un vent soutenu. Il est largement accéléré par son passage dans le baranco qui finit sur la capitale. Tout se passe sans encombres. Les digues du port parées j'envoie une petite voile d'avant le temps de sortir de la zone d'accélération. On passe devant des paysages somptueux.
J'ai prévu de longer l'ile jusque sa pointe sud avant de piquer au sud. J'ai dans l'idée d'éviter une partie de la mauvaise mer levée par les effets de site qui accélèrent le vent. Je me suis fait douché à l'aller j'aimerais éviter de renouveller l'expérience sur le départ. Les enfants sont bien au chaud à l'intérieur encore en pyjama et Delphine n'entend pas sortir sur le pont tout de suite. Ils observent mon taux d'humidité!
Voyant que je reste sec Xavier sort et entreprend une discussion. "Papa au cap vert on ne pourra pas sauter du bateau au mouillage, à cause des requins."
"non ou alors tu attendras que je sois dans l'eau avec mon harpon".
"Mais alors on va devoir attendre la Martinique pour le faire car je ne veux pas que tu ailles dans l'eau avec les requins"
"...(je ne sais pas quoi lui répondre car je veux y aller moi dans l'eau avec les requins!)"
"on devrait faire un mouillage ici pour profiter de la baignade".
Et voilà comment au lieu de filer sur le cap vert on cherche un mouillage sympa. Bon il faut dire que cela fait près de deux mois que je n'ai pas chassé et cela me titille quelque peu.
On voit différents sites qui nous tentent mais tant qu'à faire j' ai choisi un site proche d'un ilot que je pense prometteur en terme de faune subaquatique. Malheureusement le site est accore et il faut aller un peu plus loin trouver un bon sable dans peu de fonds pour poser l'ancre. Les enfants profitent des joies du mouillage dès le réveil du lendemain. Moi je le suis levé aux aurores pour gratter l'hélice avant d'aller promener mon fusil.
Je croise de nombreux perroquets, de petits sars, des saupes mais rien qui n'excite mes papilles. Après 1 bon kilomètre de palmage (cela faisait longtemps et les chevilles souffrent) je parviens à la zone prometteuse. Les poissons sont plus nombreux. Je trouve un éboulis. L'eau est à 18°. Je m'immerge. Les perroquets dansent autour de moi. Il y a un banc de petits vivaneaux. Sur une autre apnée je suis dans un banc de barracudas. Je ne tire toujours pas car je les trouve trop petits. En remontant j'ai à peine le temps de reprendre mon souffle qu'un banc de sérioles passe sous mes palmes. J'en prélève une même si elle n'est pas grosse pour alimenter la cambuse. Je prends également un perroquet. Je croise des poissons noirs avec des tâches bleu électrique. Je me régale même si je ne croise pas de gros spécimens. Enfin j' entame le retour. Sur une roche perdue sur le sable je croise une ponte de calamars. Un peu plus loin je tombe sur un gros calamar. Il ne me laisse pas suffisament de temps pour le mettre à portée de tir et file alors que j'imaginais comment j'allais le cuisiner. Dommage...
Je passe l'après midi à récupérer pendant que Delphine essaie de configurer la connexion entre le téléphone iridium et le pc de navigation. Le soir ce n'est toujours pas résolu. Je m'y colle sans succès et nous décidons d'aller sur Hierro pour profiter d'un accès au wifi afin de solutionner notre problème.
La navigation se déroule dans un vent fort avec de très fortes rafales. Je n'ai mis qu'un petit foc devant et nous sommes pourtant surtoilés. La mer déferle autour de nous. Delphine n'est pas rassurée. Les enfant se font un ciné. Je me colle à la barre jusqu'à quasiment l'arrivée à l'exception d' une courte pause sans rafales ou j'ai pu la confier au régulateur.
Vu de la mer l'ile semble peu habitée. Arrivés au port nous remarquons avec amusement que l'intérieur de la digue est décoré avec des bateaux dansant sur des vagues....Il y a moins de 10 places pour les voiliers en escale. 6 sont occupées dont la moitié par des voiliers français!
On a une impression de bout du monde. Une balade en "ville" nous permet de voir que toutes les personnes se croisant se saluent avec un grand sourire. Peu de commerces, quelques bars et restaurants. Une banque. J'ignore si l'on va prendre le temps de visiter cette ile car on est vraiment en retard sur notre prévision de timing. Je vous laisse car la guardia arrive pour nous contrôler. Et oui les rapports avec les autorités font partie du voyage...